Deux autres confréries dans notre chapelle





Une confrérie disparue : les pénitents feuille morte de la Miséricorde
 
      Le phénomène des compagnies, ou confréries, de pénitents nait en Italie au XVe siècle et s'implante en France aux XVIe et XVIIe siècles, dans le cadre de la Contre-Réforme catholique. Leur devise est : "faites pénitence et vous serez sauvé".

      A Limoges, c'est un prêtre, Bernard Bardon de Brun (1564-1625), qui fonde en 1598 la première compagnie, celle des pénitents noirs. Cinq autres naissent en moins de 25 ans.

      Chacune est placée sous l'invocation d'un saint et se distingue surtout par la couleur de la tenue : noir, gris, blanc, bleu, pourpre ou rouge, et feuille-morte (marron).
 
      En 1619, huit prêtres et un bourgeois de la ville fondent la ''compagnie des pénitents de la Miséricorde, ou pénitents feuille-morte, sous l'invocation de sainte Marie-Madeleine''. Ils s'établissent en l'église paroissiale Saint-Martial-de-Montjovis (disparue à la Révolution, elle était près de l'actuelle rue Jean-Baptiste-Blanc, non loin du mémorial des Ardents).

      Alors que, par une sorte de tabou, les autres compagnies refusaient les membres de professions touchant au sang, la compagnie des pénitents feuille-morte accueillit les bouchers. Progressivement et naturellement, elle devint la compagnie de pénitents des bouchers



       Dissoute à la Révolution, en 1792, la compagnie renait en 1804 et s'installe peu après en la chapelle saint-Aurélien, à l'initiative de son prieur, fils de bouchers. Elle s'éteint vers 1865, presque en même temps que les autres confréries limougeaudes.

      La confrérie de Saint-Aurélien conserve toujours les objets authentiques des pénitents feuille-morte : croix, bâton, soleils, panonceaux, etc.
 
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      Depuis 1974, au début de chaque année d'ostensions, l'association Renaissance du Vieux Limoges reconstitue une procession des pénitents feuille morte, de Montjovis à la chapelle Saint-Aurélien. La confrérie prète à cette occasion les objets et accueille la procession en haut de la rue de la Boucherie pour l'escorter jusqu'à la chapelle. Ce fut le cas lors des ostensions de 2009.


Une confrérie vivante : Notre Dame de Pitié
 
 
      La ''confrérie limogeoise Notre Dame de Pitié'' est une confrérie sous statut d'association loi 1901, placée sous l'invocation de la Vierge de Pitié.

      Elle a été fondée en novembre 1998 pour faire revivre les traditions et dévotions de l'ancienne confrérie des dames bouchères de la rue de la Boucherie, éteinte au milieu du XXe siècle. Cependant, comme la confrérie Saint-Aurélien, elle est aujourd'hui mixte et ouverte aux non-bouchers.  

      Son rôle est essentiellement de dévotion : rosaires, chapelets, mois de Marie, etc. Elle a pour but de prier pour les âmes du purgatoire : une messe par semaine, une le premier dimanche après la Toussaint et une autre le premier samedi de chaque mois. 

       Le 16 septembre, la fête de Notre-Dame-de-Pitié est marquée une grand'messe dans la chapelle qui clôt une neuvaine à la Vierge.
 
      Tout ce culte a lieu dans la chapelle Saint-Aurélien.
 
      Traditionnellement, un pélerinage annuel est organisé aux grottes de Saint-Antoine de Padoue, à Brive.


      En octobre, la confrérie assure le défilé inaugural de la frairie des Petits-Ventres. La statue de Notre-Dame-de-Pitié, souvent désignée sous le nom de ''Notre-Dame-des-Petits-Ventres'', est alors à l'honneur.

      Cet étrange désignation s'explique... par la boucherie, bien sûr ! Autrefois, les moyens de conservation n'étant pas ce qu'ils sont de nos jours, il était interdit de fabriquer des produits de triperie l'été, jusqu'au 15 septembre, fête de la Vierge. Or, dans la boucherie de Limoges, le principal plat de triperie se nomme les ''petits ventres'' (des pieds de moutons cuits dans des ventres de moutons). La fête marquant la reprise de la fabrication en a pris le nom, qui est aussi passé à la statue de la Vierge honorée ce jour là. 



2 autres confréries