La corporation des bouchers 


 
 
      Elle aurait été fondée, selon la tradition, en 930, mais sa première mention date de 1215.
 
      Comme toutes les corporations, elle avait trois objectifs :
*  veiller au bon fonctionnement de la profession de boucher, en réglant les éventuels litiges,
*  contrôler l'hygiène des lieux d'abattage et de vente et la qualité sanitaire de la viande mise en vente,
*  servir de caisse de secours mutuels en palliant les aléas de la vie de ses membres.
 
      Les bouchers de Limoges se sont regroupés, sans doute à la fin du XIIe siècle, au-dessous des étangs de la Motte, le long d'un ruisseau fournissant l'eau indispensable au métier : le ruisseau de Rutort. Celui-ci a donné son nom à la rue : la rue de Rutort, puis, jusqu'au XIXe siècle, la rue Torte.
 
     Aux termes d'un accord survenu en 1535 entre la corporation et les consuls du Château de Limoges, les syndics de la corporation auront en charge la surveillance du métier, avec pouvoirs de police sanitaire, sous le contrôle de la municipalité. De plus, seuls pourront désormais exercer la profession les enfants des maîtres bouchers de Limoges, conçus en légitime mariage, et les veuves de bouchers non remariées. A partir de ce moment, et progressivement, l'exercice de la profession se limite aux six familles traditionnelles : Cibot, Juge, Malinvaud, Parot, Plainemaison, Pouret.

     Les bouchers abattent alors les animaux dans leurs maisons (le 1er abattoir n'ouvrira qu'en 1833), mais vendent la viande dans des marchés couverts, sur des "bancs charniers". La halle est située jusqu'au XVIIIe siècle sur la place voisine du quartier de la Boucherie, aujourd'hui la place des Bancs.
 
      A la Révolution, la loi le Chapelier supprime les corporations et jurandes, mais celle des bouchers de Limoges persiste. C'est seulement en 1887 qu'une décision est adoptée entre tous les bouchers de la ville selon laquelle « la corporation des bouchers prend le nom de confrérie Saint-Aurélien ». 
 
      En 1891 est créé un syndicat de la Boucherie. Et malgré toutes ces transformations, en 1930, la confrérie fêta solennellement le millénaire de la corporation.
 
 
Voir Jean LEVET "La maîtrise des bouchers du Château de Limoges, 1630-1828", collection "A la découverte du Limoges ancien", association Renaissance du Vieux Limoges, Limoges, 2007.


 
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