Les dépendances de la chapelle


La sacristie et la cour
  
      La sacristie de la chapelle Saint-Aurélien est située juste derrière le choeur, avec lequel elle communique par un petit passage fermé d'une porte à chaque extrémité. Dans cette pièce se réunissent les confrères avant les messes, avec notre aumônier, pour fixer les derniers détails de la célébration. L'heure sonnant, ils franchissent la porte en procession pour gagner leurs places dans le choeur.
 
       Une porte en bois cloutée, à deux battants, donne dans une petite cour. Dans cette dernière, une vaste niche abrite une statue en terre cuite, peinte, de Notre-Dame-de-Pitié : c'est l'original de celle en bronze qui se trouve sur la place, devant la chapelle.
 
       Cette cour est en deux niveaux, réunis par un vieil escalier de pierre aux marches hautes et inégales ; une rampe inclinée facilite depuis 2015 la montée. En haut, on accède à la salle de réunion. 


La ''salle Etienne Cibot''

       Elle se trouve au-dessus de la sacristie. Elle ne fut longtemps que ''la salle de réunion'', simplement. Le dimanche 16 octobre 2016, elle reçut ce nom en hommage à Etienne Cibot, 1er syndic pendant plus de 40 ans, récemment décédé. Mgr François Blondel, évêque honoraire de Viviers (Drôme) et Limousin d'origine, l'a bénite.

      Ses murs lambrissés sont ornés de tableaux et photos de papes; un pan de mur, à gauche de l'entrée, rend hommage à nos anciens premiers syndics .

      Sur la cheminée, crucifix et statue de la Vierge ; deux tables au centre et de nombreux sièges : c'est dans cette pièce qu'ont lieu les réunions de la confrérie.

      Historiquement, cette salle est importante : là se sont réunis les bouches depuis sans doute le XVIIe siècle ; en 1789, ils rédigèrent leur cahier de doléances et désignèrent des délégués pour la réunion qui devait élire les députés du Limousin aux Etats Généraux.

       C'est là aussi que fut fondé en 1929 un club sportif de patronage dépendant de la paroisse Saint-Pierre-du-Queyroix : le Cercle Saint-Pierre, ou C.S.P., qui devint - après quelques évolutions ! - le club de basket de renommée internationale bien connu : c'est pour cela qu'au début de son parcours, les joueurs arboraient - sans s'en douter, très probablement - les couleurs de la confrérie, vert et blanc.



La ''croix des Carmes''

     La croix de pierre connue sous le nom de ''croix des Carmes'' se dresse devant la façade de la chapelle Saint-Aurélien. Elle se trouvait avant la Révolution devant le couvent des Grands Carmes, ou Carmes des Arènes, sur ce qui est aujourd'hui la place des Carmes : de là son nom.
 
      Au moment de la vente des propriétés de l'Eglise comme ''biens nationaux'', sous la Révolution, Jacques-Joseph Juge de Saint-Martin a acquis les bâtiments du couvent des Carmes et la croix. Le 12 octobre 1791, il échangea cette dernière contre trois toises de pierres à Audoin Malinvaud, dit le Petit, agissant au nom des bouchers de Limoges.

 
      La croix est souvent dite monolithe. Elle se compose en fait de deux parties : le socle, en granit, et la croix proprement dite, en calcaire.
 
      Le socle est rehaussé sur un massif maçonné. Il est en granit limousin, matériau local qui ne se prête pas à la sculpture. Ceci explique le caractère massif de cette base, peu ornée. De forme quadrangulaire, elle passe dans sa partie supérieure à l'octogone au moyen de congés. Ces derniers sont décorés de motifs différents, dont l'un est une coquille Saint-Jacques : la croix était en effet à l'origine implantée sur la place des Carmes, précisément sur la route vers Aixe-sur-Vienne, Périgueux et, au delà, Compostelle.
 
      La croix est en calcaire, un matériau dont l'origine n'est très probablement pas limousine. Cette partie est quant à elle, très finement et richement sculptée : le fût présente trois groupes de quatre personnages, dans lesquels on reconnaît aisément les douze apôtres : saint André et sa croix au milieu, saint Pierre et sa clé en haut, etc. Chacun est placé sous un dais.
 
      Au dessus, le chapiteau porte quatre blasons soutenus par des anges ou des motifs floraux. De ces armoiries, bûchées à la Révolution, seules subsistent celles de la Ville de Limoges. Une description ancienne indique que les trois autres étaient celles de France, celles d'un évêque de Limoges et celles d'un sénéchal du Limousin. De ces indications, on peut conclure que la croix fut sculptée entre 1457 et 1469.
 
      Encore au-dessus se trouve la croix qui présente une double scène. Vers le spectateur apparaît la représentation classique du Christ en croix. Derrière, très peu visible, il y a une scène rarement figurée. Il s'agit du Christ à la colonne, ou Christ aux outrages. Le Christ est représenté attaché, les mains derrière le dos, à une colonne pour recevoir les outrages des soldats, première étape de sa Passion.
  
    

      Jusqu'à la 2e moitié du XIXe siècle, la ''croix des Carmes'' était polychrome. Elle est protégée au titre des Monuments historiques.


Les dépendances