Pour plus de renseignements, voir la plaquette : "Chapelle de Saint-Aurélien, Histoire de la confrérie de Saint-Aurélien, guide pour la visite de la chapelle ", 24 pages, 5,00 euros, en vente auprès de la confrérie.
 
  
La chapelle

 
 
      Protégée au titre des Monuments Historiquesnotre chapelle ouvre sur une petite place coupant la rue de la Boucherie.
 
      Les débuts de notre chapelle sont par certains aspects assez précisément connus, mais quelques points demeurent assez énigmatiques. Les trois travées de la nef actuelle ont été édifiées entre 1471 et 1475 La confrérie possède une copie et traduction, du 19e siècle, de l'acte de fondation de 1471.

      Jusqu'à la Révolution, ce lieu de culte dépendait de la paroisse suburbaine de Saint-Cessateur (disparue, bas de l'actuelle rue des Pénitents-Rouges). C'était une simple succursale, ouverte aussi bien aux bouchers voisins qu'aux paroissiens de Saint-Cessateur : baptêmes, mariages et sépultures y étaient à l'occasion célébrés, comme en témoignent les registres paroissiaux du temps.

       Vendue comme bien national le 11 germinal an III, elle fut acquise par deux bouchers agissant secrètement au nom de tous. C'est aujourd'hui une chapelle privée ouverte au culte.
 
    
       
  
      Voici les principales étapes de l'évolution de l'édifice :
 
1471-1475 : construction de la chapelle réduite à la nef actuelle.
1647-52 : agrandissement par l'ouverture du choeur actuel, transformation de la façade.
1679-83 : construction du clocher actuel.
1775 : aménagement du portail d'entrée.
1791-92 : acquisition d'un vitrail (placé après 1803 au-dessus de l'entrée) et de la croix en pierre dite ''croix des Carmes
''.
1893-94 : aménagement du choeur, lambrissé et percé de trois verrières.
1986 : rénovation des murs extérieurs et notamment de la façade principale
2000 : restauration du choeur et du retable.

       La façade principale, donnant sur la place, est ornée de plusieurs sculptures :
 
       On remarque d'abord deux grandes statues :
>  saint Jean l'évangéliste avec l'aigle qui le symbolise, 
> sainte Catherine d'Alexandrie avec les instruments de son martyre.
 
       De part et d'autre de l'horloge il y a deux blasons : à droite, celui des Juge, à gauche, celui des Cibot
 
        Au-dessus figurent un portrait, très abimé par les intempéries, probablement de saint Aurélien, et au-dessus un cartouche portant la date de 1652, année de la réalisation de cette façade.

       Le clocher est couvert en bardeaux de châtaignier ; il abrite la petite cloche de l'horloge et deux cloches pour sonner les offices.

       Le portail porte la date de 1775 dans un cartouche.


LA NEF
 
       Composée de trois travées voutées d'ogives, elle est peu éclairée par trois petites fenêtres latérales. Trapézoidale, elle mesure 9,40 m. sur 3,70 au milieu. De très nombreux ex-votos couvrent les murs et plusieurs grandes statues la décorent.

(Nota : par rapport à la photographie ci-contre, signalons qu'en octobre 2015, les prie-Dieu, très peu utilisés, ont été retirés, dans le but notamment de gagner des places assises)
 
       Sur la gauche, il y a d'abord saint Antoine de Padoue, puis Notre Dame du Bon Secours, et surtout trois belles oeuvres du XVe siècle :
  



       Le groupe de sainte Anne, la Vierge et l'Enfant Jésus est appelé ''la Vierge au rognon'' ; sainte Anne tient un panier en châtaignier, typiquement limousin (preuve que l'oeuvre provient d'un artiste local). La Vierge a un bouquet de fleurs à la main droite ; le Christ porte quelque chose à sa bouche : une identification traditionnelle y voit un rognon, cadeau coutumier des bouchères pour les jeunes enfants de leurs clientes. De là vient le nom de la statue.

      A coté, l'autel dédié à Notre Dame est privilégié. Il occupe un renfoncement du mur. Au dessus du tabernacle se dresse une Vierge couronnée portant l'enfant Jésus. Elle est appelée "la Vierge au sourire".

      Signalons, au-dessus, un tableau représentant l'adoration des mages (installé en 1890).

      Sainte Catherine d'Alexandrie, un livre ouvert à la main, présente les attributs de son martyre. 

      Sur la droite, près d'un enfant Jésus de Prague, on voit une statue en bronze de saint Pierre trônant ; elle provient d'un pélerinage de la confrérie à Rome en 1887. A côté, une grande statue en bois, de saint Roch, date du XVIIe s.

       Dans la vitrine sont présentées une piéta en pierre, de même époque, appelée "Notre Dame des Petits Ventres" : c'est elle qui est à l'honneur lors de la fête patronale de la confrérie Notre-Dame-de-Pitié, et lors de l'inauguration de la frairie des Petits-Ventres.

       Toujours dans la vitrine, on remarque aussi une châsse en émaux de Limoges, de la fin du 20e s., abritant des reliques de notre saint patron, ainsi que des calottes ayant protégé la précieuse relique de saint Aurélien dans le reliquaire entre deux ostensions.

      En se retournant, le visiteur peut voir, au dessus du portail d'entrée, un très beau vitrail. La partie supérieure représente deux évêques, peut-être Martial et Aurélien.
 
       Datant du 15e siècle, il provient, comme la croix monoolithe devant la chapelle, du couvent des Carmes des Arènes : comme elle, il a été acquis par la confrérie à la Révolution. La partie inférieure a été refaite en 1960 par les ateliers Chigot, le grand maître du vitrail limougeaud.

      Les clés de voute sont armoriées, sauf celle de l'arc marquant l'entrée du choeur, où figure le buste de saint Aurélien.

      Parmi les blasons représentés, le plus proche de l'entrée est celui de la famille Cibot, en une version différente de celle de la facade : trois coupes de calice, 2 et 1.

 
LE CHOEUR

       Cette partie est une adjonction du XVIIe siècle. C'est pourquoi elle n'est pas voutée sur croisée d'ogives comme la nef. Elle en est séparée par quelques marches, une haute grille protectrice et une arcade.

      Les confrères de Saint-Aurélien y ont traditionnellement leurs places, le 1er syndic s'installant  sur la première chaise de la rangée de droite.

      Ce choeur est lambrissé, travail réalisé en 1894 par l'architecte limougeaud Planckaert.

       
      Cette partie est éclairée par trois ouvertures, deux latérales et une au plafond.

       Le vitrail zénithal, mis en place en 1894, est orné des couleurs de la confrérie, au centre, entourées de 4 blasons :
*   de la ville de Limoges, (de gueules au chef de saint Martial de carnation, vètu d'or, encadré des deux lettres onciales S et M d'or, au chef cousu d'azur à trois fleurs de lys d'or)
*   de la paroisse Saint-Pierre-du-Queyroix (dont dépendait la chapelle), (de gueules aux clés d'or posées en sautoir)
*   du pape Léon XIII (1878-1903),
*   et enfin de l'évêque de Limoges, Mgr Renouard (1888-1913).

        Le retable remonte au XVIIe siècle. Il est formé de deux ailes obliques encadrant la partie centrale qui domine l'autel majeur. 
 
       Au centre, le tabernacle abrite la Sainte Eucharistie. Il est orné de statuettes de saints séparées par des colonnettes torses.
 
        Chacune des ailes du retable présente une grande statue d'évêque en bois doré, placée dans une niche : à gauche, Aurélien, à droite, Martial. (probablement, à l'origine, c'était un saint Cessateur, patron de la paroisse dont dépendait la chapelle jusqu'à la Révolution ; le changement d'identité a dû intervenir lors des grands travaux de 1894). Au-dessous est percée une porte : celle de droite donne accès dans la sacristie. 

      Le panneau central est séparé des ailes par des colonnes torses ornées de pampres de vigne. Elles supportent un entablement sur lequel sont assis deux angelots.
 
       La partie centrale du retable est presque totalement occupée par un très grand tableau. Celui-ci est une reproduction inversée d'une partie d'une oeuvre de Raphaël conservée à la Pinacothèque du Vatican : la Transfiguration. Il a été installé en 1892.
 
      Ce tableau peut être déplacé pour donner accès à une grande niche, fermée d'une porte et d'une grille en fer : cette dernière porte une inscription difficilement lisible mais où figure la date de 1683.
 
      Lorsque la niche est ouverte, on peut admirer une représentation très rare, datant du 17e s. : le Saint Sacrement exposé sur une scène de théâtre ; on en reconnait bien le rideau et le bord de scène. Cette représentation est exceptionnelle puisque, comme chacun le sait, l'Eglise se méfiait au 17e siècle du théâtre.
 
      C'est dans l'ouverture de cette niche que la grande châsse de Saint-Aurélien est exposée durant les ostensions septennales et pour les ''petites ostensions''.
 
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Quelques dessins et plans anciens de notre chapelle
 
      
Plan ''Fayen'', 16e s.                       Plan ''Jouvin de Rochefort'' ou ''des                    plan ''Trésaguet'', 18e s.
Trésoriers de France'', 18e s.
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Des détails à remarquer
 
      Dans le choeur, observez, à droite, une grande statue du Sacré Coeur, et, en face, deux statues, de tailles très différentes l'une de l'autre, mais formant une seule scène : une sainte Vierge de Lourdes, ainsi qu'il est indiqué sur son socle, et une petite sainte Bernadette Soubirous agenouillée. Les deux premières font partie du décor établoi en 1894, la dernière, de type industriel, est un ajout ultérieur.

 
      Encore dans le choeur, devant le vitrail de droite, observez une statue de sainte Marie-Madeleine pénitente. Elle rappelle l'ancienne compagnie des pénitents feuille morte, placée sous le patronage de cette sainte.
 
      Mais la statue est posée sur une console où figure un blason : une épée supportant une couronne, le tout encadré de deux fleurs de lys. Ce sont les armoiries de la famille de Jeanne d'Arc, la famille des Lys (le patronyme et le blason ont été accordés par Charles VII à la famille pour récompenser les mérites de celle qui avait rétabli, à la pointe de l'épée, la couronne de France, mais Jeanne d'Arc elle-même n'a jamais porté d'armoiries). Il y avait au 19 e siècle, sur ce socle, une statue de la sainte patronne de la France.

      Toujours dans le choeur, vous verrez une colonnette en pierre. Son origine reste énigmatique : certains historiens l'estiment romane et l'identifient comme une "piscine" d'église ; la cavité et le conduit d'évacuation sont conservés. 
 
       Elle a servi, aux 19e s. et début du 20e, de tronc pour les offrandes des fidèles ; les traces du couvercle métallique posé pour cet usage sont toujours visibles.   
 
      La colonnette est de nos jours utilisée comme piédestal à un pot de fleurs.
 
      Tout autour de la nef et du choeur, des lampes votives, rouges ou vertes, brillent en permanence. Une d'elle a été offerte au 19e s. par la marquise de Mac-Mahon.

       Dans la nef, levez les yeux, vous verrez un petit trou rond dans la clé de voute de la travée du milieu : selon certains auteurs, ce serait par là que passait jusqu'au 17e s. la corde de la cloche. Le dessin de la chapelle du plan dit de Fayen, du 16e s., montre en effet notre chapelle avec le clocher presque au centre.  Mais il est possible que ce soit plutôt le trou de suspension du grand lustre électrique qui, au milieu du 20e siècle, éclairait la nef.


Nos biens