Traditions, chants et fêtes


La frairie des Petits Ventres

     Les ''petits ventres'' sont un délicieux plat traditionnel de triperie limougeaude : des pieds de mouton cuits longuement dans des ventres de mouton.
 
      Jusqu'à la fin du 19e siècle, la fête de la Vierge de septembre, le 15 de ce mois, était la fête annuelle de la confrérie Notre-Dame-de-Pîtié des dames bouchères de Limoges : elle était marquée par une neuvaine préparatoire de prières et messes et, le jour de la solennité, grand'messe, procession, exposition du Saint-Sacrement, etc.
 
     Comme c'était aussi le jour où la fabrication des produits de triperie pouvait reprendre, après les chaleurs de l'été, cette célébration portait le nom original de Notre-Dame-des-Petits-Ventres. La fête s'est éteinte au début du 20e siècle.

      En 1973, un projet d'urbanisme mettait en péril le quartier de la Boucherie. Une association était alors fondée : Renaissance du Vieux Limoges. Elle lançait, avec le groupe folklorique l'Eicola dau Barbichet, l'idée d'une fête de la triperie dans la rue de la Boucherie. L'énorme succès, immédiat, sauvait la rue.

      Le lendemain, les journaux locaux titraient : ''Le vieux Limoges a retrouvé son âme'' ! Depuis, quelle que soit la météo (elle fut mauvaise seulement en 1984 et 2012), le succès ne s'est jamais démenti : les chalands viennent spécialement de toute la France, et même de l'étranger, ne voulant pas manquer cette fête hors du commun.

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      L'actuelle frairie des Petits Ventres, telle que créée en 1973, est bien différente de la fête ancienne.




> Elle a lieu le 3e vendredi d'octobre, et non en septembre.
> Elle est désormais un évènement profane tenant de Gargantua : tripes, cidre, boudins, galettous et clafoutis sont offerts par les habitants de la rue aux très nombreux amateurs.
> Elle n'est donc plus religieuse : lors de l'inauguration officielle (traditionnellement fixée à 19h00), la statue de Notre-Dame-de-Pitié dite ''Notre-Dame-des-Petits-Ventres'' est présentée dans un simple défilé. Le groupe folklorique l'Eicola dau Barbichet chante, à la porte de la chapelle Saint-Aurélien, le cantique occitan à la Vierge : ''Reino daus ceus''.     

      La confrérie de Saint-Aurélien, partie prenante dès 1973, est présente, avec celle de Notre-Dame-de-Pitié. Toutes deux assurent une permanence dans la chapelle ouverte au public jusque tard dans la nuit pour l'occasion. Des explications sont fournies aux visiteurs qui le souhaitent.  

      Une exposition de nos anciens ornements sacerdotaux est mise en place, avec toujours beaucoup de goût, dans le choeur de notre chapelle, par notre commissaire, James Chabannier. 
 
      Les deux confréries accueillent les autorités pour l'inauguration officielle et les accompagnent dans leur visite de la rue et de la chapelle.


Nos cantiques
 
 
     Les cérémonies de la confrérie de Saint-Aurélien en l'honneur de son saint patron sont traditionnellement marquées par deux hymnes :
 
* "Oui, toujours" est le cantique des bouchers de Limoges. Composé en 1887, il conserve quelques traces des tensions sociales de cette époque (les processions sont interdites à Limoges en 1880). En voici
la partition et le une interprétation
.
 
* "Tes fils vaillants" est le cantique du millénaire. Il a en effet été interprêté pour la première fois le dimanche 26 octobre 1930, pendant la messe célébrant le millénaire de la fondation légendaire de la corporation. Il est l'oeuvre du chanoine limougeaud Charles Chalmette. En voici
le
 texte, la partition et une interprétation (merci à notre confrère Pierre Lamige pour ces deux interprétations).
 
 
La réception officielle des personnalités en visite à Limoges
 
  
    La confrérie Saint-Aurélien, continuatrice de la corporation de messieurs les bouchers de Limoges, jouit d'un privilège rare, voire unique. C'est elle, en la personne d'une délégation menée par le premier syndic, qui accueille officiellement les personnalités, princes ou chefs d'Etat, en visite officielle à Limoges ; c'est donc elle qui remet les clés de la ville au visiteur de marque. Et ainsi les bouchers ont-ils le pas, pendant quelques minutes, sur le préfet de la Haute-Vienne, le maire de Limoges et les autres autorités constituées.
  
      Les personnalités ainsi reçues au titre de ce privilège sont :
Henri IV, selon une tradition constante dans la confrérie, mais dont il n'existe aucune preuve historique.
Le duc et la duchesse d'Angoulême, en 1815.
La duchesse de Berry, en 1828.
Le duc et la duchesse de Nemours, en 1845.
Le prince Jérôme Napoléon, le 11 juillet 1858.
Le maréchal Philippe Pétain, chef de l'Etat français, le 21 juin 1941.
le président de la République Vincent Auriol se rendant à Oradour-sur-Glane, le 10 juin 1947.
Le général Charles de Gaulle, président de la République, en 1962.
Le président de la République François Mitterand, le 4 mai 1982.

 

     L'origine de ce privilège est inconnue, même si une tradition au sein de la Boucherie limougeaude fait remonter ce droit à Henri IV*. D'autres versions le datent, sans plus de preuves, de saint Louis ou de Philippe III le Hardi. Mais on peut remarquer que cette préséance a surtout été exercée après la Révolution, sans qu'il soit possible d'en tirer des conclusions.
 
      Dans quelques cas, très rares, ce privilège n'a pas été exercé : ce fut le cas lors de la visite du président de la République Sadi Carnot, pourtant originaire de Limoges.
 
* Henri IV, roi de France, est venu à Limoges du 16 au 24 octobre 1605. Il a fait son entrée solennelle le 20 ; mais c'est Jean Vidaud, fils d'un des consuls en charge, non boucher, qui lui remit les cles de la ville. De plus, dans les registres des actes de ce roi, aucun acte de privilège en faveur des bouchers n'a été retrouvé. 



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