Notre action pour Ouahigouya


(Voir aussi une page de photographies de Ouahigouya)

        Depuis plusieurs années, à l'initiative d'Etienne Cibot, alors 1er syndic de la confrérie Saint-Aurélien, cette dernière apporte aide et soutien à une paroisse de Ouahigouya, au Burkina-Faso : la paroisse du Christ-Roi de la cathédrale. Rappelons que notre diocèse de Limoges est jumelé avec celui de Ouahigouya. 

        Cette action et ces échanges ouvrent la confrérie à un esprit universel, c'est-à-dire catholique au sens étymologique. 

        Par l'intermédiaire du frère Emile Ouedraogo, nous écoutons les souhaits de nos amis africains et leur apportons nos conseils, nos prières, mais aussi, plus concrètement, notre appui matériel et financier. 


Entraide matérielle 

       Au fil des ans, nous avons ainsi financé des réalisations matérielles. En voici quelques-unes : chaque année, achat de semences : choux, pommes de terre, courgettes, etc. ; creusement de deux puits permettant une augmentation des surfaces cultivées ;  installation sur l'un des deux puits d'une moto-pompe facilitant l'arrosage 'remplacée en 2010 par une autre, mobile et plus puissante) ; achat d'un petit troupeau formé de quatre jeunes bovins, destinés à fournir travail, lait et fumier ; construction en 2011 d'un hangar ;  achat d'une charette à bras facilitant le transport du matériel et des récoltes. 

      Voilà, concrètement, et d'après les courriers de nos amis burkinabés, les effets de notre aide

Janvier 2010 : le cheptel compte "trois boeufs, trois vaches et leurs trois petits veaux. Pour faciliter le travail, nous les avons divisés en trois lieux. Pour la culture maraichère, nous avons la motopompe : nous avons eu suffisamment d'eau cette année. Mais nous avons pris un peu de retard". 

> Janvier 2011 : une partie "du cheptel est en ville avec nous : 2 vaches et un petit veau de 18 mois ; il y a 4 bêtes au village pour les travaux. Par votre aide, nous réalisons quelque chose de bien petit à petit".

> Janvier 2015 : "nous avons 2 vaches et 2 veaux, plus 2 boeufs que nous comptons vendre pour pouvoir nourrir les autres. Nous n'avons pas commencé l'élevage des poules, mais c'est toujours notre projet".

       Et nous avons ensemble d'autres projets.


Soutien moral

        Régulièrement, nos amis burkinabés nous informent de leur situation, leurs difficultés, leurs joies : abondance ou retard des pluies, ordinations de prêtres, etc. 

        En juin 2010, ils nous écrivaient : "Nous avons fini de préparer nos champs. Nous attendons la pluie. Nous comptons sur vos prières, pour qu'il pleuve sans dégât et jusqu'à la fin pour de bonnes récoltes".

       En janvier 2011, leur lettre marquait une déception : "Notre saison pluvieuse a pris fin. Il a plu mais nous n'avons pas eu de bonnes récoltes. Nous préparons le terrain pour les cultures d'arrière saison".

        En mai 2013, alors que le Limousin et la France connaissent un printemps particulièrement froid et pluvieux, ils nous écrivent : "les travaux de contre saison sont presque finis, nous préparons maintenant la saison pluvieuse. Cette année, jusqu'à présent, nous n'avons pas eu de problème d'eau. Par contre, c'est la chaleur qui nous fait souffrir : 45° à l'ombre... Notre élevage se porte bien".

        A la fin de l'année 2015, leur cheptel a souffert : "il y a deux vaches (et leurs petits) qui sont mortes, l'une par blessure et l'autre par une maladie. Comme leurs veaux étaient trop petits, ils n'ont pas résisté. Actuellement, nous avons 3 boeufs et 3 vaches". Heureusement, la saison des pluies a été exceptionnellement bonne : "Depuis plus de vingt ans, nous n'avons pas eu la pluie comme cela : il a commencé à pleuvoir le 16 juin, jusqu'au 15 octobre, sans interrompre plus que 2 ou 3 jours... Nous avons commencé nos travaux de jardinage tardivement parce qu'il y avait toujours de l'eau sur le sol. Nous n'aurons pas de problème d'eau cette année."

                                    

          Par leurs courriers, ils nous font part de leurs préoccupations politiques et sociales.

          Ainsi, en avril 2011, leur pays est "troublé par le soulévement des élèves et étudiants, suivi encore de celui des militaires. Cela a causé beaucoup de dégats dans toutes les grandes villes du pays, surtout ici à Ouahigouya".

      En 2012, c'est une crise au Mali tout proche qui les inquiéte : ils prient Dieu - et nous L'avons prié avec eux - pour "les Maliens, nos voisins. Nous sommes la première ville frontalière". En juin 2013, ils se réjouissent car "le calme est revenu dans notre Mali voisin par votre aide" (celle de l'armée française) "mais nous nous inquiétons toujours", car il subsiste à ce moment des risques de troubles dans ce pays ; heureusement, ces craintes furent infondées. 

        En 2015, le Burkina-Faso connaît de nouveaux soubresauts politiques, qui finalement trouvent une solution positive : en janvier 2016, ils nous disent : "nous respirons un nouvel air et nous espèrons que çà va changer".


Aide spirituelle

         Nos frères de Ouahigouya nous parlent de leur vie d'Eglise : en janvier 2010, ils nous annoncent : "nous n'avons toujours pas un évêque. Depuis la nomination de notre évêque Philippe à Ouagadougou comme archevêque, nous sommes des orphelins : priez pour nous afin que Dieu nous donne un évêque". En mars, nous partageons leur joie : "le pape nous a choisi un nouvel évêque : un prêtre du diocèse de Koudougou, troisième ville du Burkina Faso. L'intronisation aura lieu le 29 mai 2010 prochain. Priez pour nous". La cérémonie a effectivement eu lieu ce jour-là, en présence d'une délégation venue de Limoges. Elle comprenait notamment notre évêque, Mgr François Kalist, et un prêtre de notre diocèse, le père Yves Ducoux, qui avait été curé à Ouahigouya pendant neuf ans.

       En avril 2011, nos amis nous annoncent, à l'approche des fêtes pascales, des mouvements dans le clergé burkinabé : "Notre curé, nommé évêque de Manga, sera intronisé le 30 avril prochain. Au mois de juillet, aussi, nous aurons 6 nouveaux prêtres".

       En 2012, ils nous font partager le temps de carême qu'ils ont vécu : "nous organisons des petits pélerinages, village entre village, paroisse entre paroisse. Chaque vendredi, pour le chemin de croix, nous faisons le tour de la cathédrale en suivant la lecture de la Passion, les 14 stations. Dans la nuit du Samedi Saint, au cours de la messe, on baptisera les adultes et les enfants... Que la mort et la résurrection du Christ Jésus nous apportent toutes les grâces".

       En mai 2013, le père Boniface, qui était venu dire la messe dans notre chapelle en 2012, est nommé économe du diocèse de Ouahigouya et quitte la paroisse de nos amis.

        En 2013, les fêtes du temps pascal sont marqués par un nombre de baptèmes important : "A Pâques, nous n'avons pas eu beaucoup de baptisés, mais à l'Ascension, nous avons eu 92 baptisés, confirmés et première communion, adultes et jeunes. Et à la Pentecôte, encore 80 enfants baptisés, confirmés et première communion. Nous rendons grâce à Dieu et nous prions qu'il augmente leur foi".

        La jeune Eglise burkinabé se développe. En janvier 2015, ce sont des ordinations que nos amis nous annoncent : "Dans l'année 2014, notre diocèse a eu un seul prêtre ordonné. Mais l'année prochaine 2015, s'il plaît à Dieu, nous en aurons plusieurs, et un de mes enfants sera parmi eux. Priez pour eux".

        En janvier 2016, nos amis burkinabés nous confirment ce développement de l'Eglise : "le 22 juin (2015), mon fils, dont je vous ai informé qu'il sera prêtre, a fait son diaconat. L'ordination aura lieu le 22 juillet (2016)... Ils seront 6 cette année. Le 16 juillet (2015), ma première fille, qui est soeur religieuse, a fait ses voeux perpétuels dans la congrégation des soeurs de Sainte-Marie de Torfou... Aidez nous à rendre grâces à Dieu pour tout ce qu'il fait pour nous".

        A chaque réception d'un courrier venant d'eux, celui-ci est lu lors de la messe suivante à la chapelle, à la fin de la célébration ou bien en guise de prière universelle : ce fut le cas lors de la fête de Saint-Aurélien, le 9 mai 2010. A chaque fois, c'est l'occasion pour nous de prier pour eux. Et, bien sûr, plus généralement et même sans lettre, à chacune de nos grandes occasions, nous les associons dans nos prières. Ce fut le cas par exemple pour la messe des voeux 2011 ou dans la prière universelle de la fête de Saint-Aurélien 2012. Pour le carême 2017, nous sommes en communion de prière. Et nous savons que, réciproquement, eux-mêmes prient pour nous.

       Ainsi, en mars 2010, ils nous disent s'être unis à nous "pour rendre grâce à Dieu pour la réussite" des 71e ostensions limousines. Nous leur avons aussi envoyé une cassette des cérémonies : "après avoir vu de nos propres yeux tout ce qui s'est passé là-bas, nous sommes très très contents. Durant une semaine, maison après maison, nous regardons de bout en bout le déroulement de chaque cérémonie. Nous souhaitons que Dieu donne les 72e ostensions septennales avec joie et santé".

      De même, pour la Toussaint 2014, nous avons fait monter vers le Père nos prières pour eux, alors que le Burkina Faso vivait les heures difficiles d'un changement de gouvernement par la force. En 2015, nos amis burkinabés nous confirmaient la fin heureuse de la crise : "Dieu a exaucé nos prières et nous a évité le bain de sang. Vous tous, vous avez prié pour nous, et Dieu nous a sauvés".


                                   

      Ainsi, au fil du temps et malgré la distance, une amitié s'est nouée par la foi et l'entraide.

 (Voir aussi une page de photographies de Ouahigouya)



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