Qui était saint Aurélien ?
 

      Au IIIe siècle, Limoges, qui s’appelait alors Augustoritum, fut évangélisée par l’évêque Martial. La légende rapporte que l’empereur romain, inquiet des progrès du christianisme, aurait envoyé en Aquitaine un prêtre du culte païen connu pour son zèle et son éloquence, Aurelius Cotta. Celui-ci, arrivé à Augustoritum, se serait violemment opposé à Martial.
 

      Selon une anecdote très légendaire, l'évangélisateur irrité aurait demandé à Dieu de frapper son persécuteur par la foudre, ce qui se serait immédiatement réalisé. Martial, se repentant aussitôt, aurait demandé et obtenu le retour d'Aurelius à la vie ; ce dernier se serait alors converti au christianisme.
 
     On peut voir dans ce récit un symbole : le persécuteur, foudroyé par la parole de Martial, est mort au paganisme pour naître à la vraie foi, celle du Christ Sauveur.
 
      Selon une autre version de la légende, Aurelius et Anterius, tous deux prêtres des idoles, auraient fait emprisonner Martial qui répandait la Bonne Nouvelle. Soudain, le cachot est rempli de lumière, les chaines tombent, un tremblement de terre secoue la ville et la foudre frappe les deux persécuteurs. Martial sort de prison et rappelle à la vie les deux hommes, qui se convertissent aussitôt. L'un prend le nom d'Aurélien, l'autre d'André
 
      Là encore, peut-être faut-il voir dans ce récit une leçon symbolique.
 
      Aurélien, donc, fut désormais le fidèle disciple de celui qu'il avait pourchassé. Il mit son zèle et son éloquence au service de la foi du Christ. Au décès de l’évangélisateur du Limousin, c’est donc tout naturellement que l’ancien prêtre des idoles païennes fut élu évêque. Aurélien présida ainsi durant cinq ans aux destinées du diocèse de Limoges, jusqu’à sa mort. 
 

      Au XIVe siècle, l'évêque dominicain Bernard Gui raconte qu'Aurélien serait décédé un 17 novembre. Il aurait été enterré dans un premier temps tout prés du tombeau de saint Martial (sur le site de l'actuelle crypte dite de Saint-Martial, place de la République).
 
      Puis ses restes furent transportés, à une date indéterminée, mais bien antérieure au XIVe s., dans une église de la périphérie de Limoges, Saint-Cessateur (en bas de l'actuelle rue des Pénitents-Rouges) ; une partie du territoire de cette paroisse s'étendait à l'intérieur des remparts. 
 
      Le 15 février 1316 (1315 dans le comput de début d'année à Pâques, 1316 dans le calendrier actuel), l’évêque de Limoges, Regnault de la Porte (1294-1316), retrouva dans la crypte de cette église les reliques de son glorieux prédécesseur. Il est attesté qu'en 1404, elles se trouvaient toujours dans ce lieu de culte, hors les murs du Château.
 
       Ce n'est qu'en 1475 qu'elles furent portées dans une chapelle nouvellement édifiée sur le territoire de cette paroisse, mais à l’intérieur des remparts de Limoges, dans le quartier dit de la Pierre-au-Bois. Tout près de là étaient groupés, en la rue Torte, les bouchers de la ville : ils ont naturellement adopté le 2e évêque de Limoges comme saint patron.
 
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Pour nos internautes, une prière à saint Aurélien.